A partir de 7 ans
mardi 16 février 2010, par Morgan
Inspiré de la vie de Kees Vanderheyden, auteur de La guerre dans ma cour, publié chez Boréal, ce livre raconte sa jeunesse sous l’occupation allemande. Tantôt drôle, tantôt choquant, le livre relate surtout la confrontation de ce jeune garçon avec l’ennemi qui deviendra humain...

Kees Vanderheyden a onze ans lorsqu’il voit débarquer les allemands chez lui, en Hollande, qui réquisitionnent sa maison. Avec sa famille, ils partageront deux chambres, tandis que les soldats occupent tout le reste. Il apprend à vivre avec l’ennemi...
Anne Villeneuve a écrit un récit bouleversant en s’inspirant de l’autobiographie de Kees Vanderheyden. Ses mots sont justes et empreints de nostalgie, elle décrit des situations et des événements qui se sont réellement passés pendant la Seconde Guerre mondiale.
Elle nous plonge dés la première phrase dans les souvenirs de ce vieil homme, qui se rappelle parfois avec amertume, parfois avec un sourire de ce qui s’est passé pendant cette période d’occupation où il a cotoyé les Allemands de trés prés, puisqu’ils avaient élu domicile dans la maison de ses parents.
Cet homme s’adresse à une petite fille allemande, Traudi, qui grâce à la Croix Rouge, fut accueillie aprés la guerre dans la famille de Kees pour se refaire une santé.
Car au-delà de cette terrible guerre, Anne Villeneuve met ici l’accent sur les Allemands, qu’ils soient actifs ou passifs de ce combat atroce, ils n’en restaient pas moins des humains. C’est ce qu’elle souligne avec pertinence et intelligence.
Ses aquarelles sublimes viennent parfaire son texte, comme des vieilles photos aux tons sépia. les couleurs sont trés diluées, comme la précision des souvenirs qui s’estompent avec le temps.
Tout le texte est manuscrit et renforce cette idée de plonger au coeur d’un journal intime.
Il est important de préciser qu’Anne Villeneuve a fourni cinq années de travail, d’écriture et d’illustrations pour faire cet ouvrage.
A la fin de l’album, il y a la copie de la lettre de la Croix Rouge, qui soixante ans aprés les faits, avait retrouvé la trace de Traudi. C’était en 2004.
Un livre sublime et bouleversant, aux teintes douces-amères, qui souligne l’ambiguité des sentiments face à des êtres tout simplement humains.
Une trés belle réussite !
Chère Traudi d’Anne Villeneuve (texte et illustrations), d’aprés les souvenirs d’enfance de Kees Vanderheyden.
Editions Les 400 coups, collection Carré blanc, 15€.