Douce

La Promesse de l’eau

A partir de 6 ans

samedi 8 octobre 2011, par Morgan

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Au fond des steppes, au pays du grand ciel et du vent, vivent les Tamaks.
Cette année-là, la sécheresse fait souffrir les bêtes. Un poulain, rejeté de tous, car il est né tacheté, se glisse un soir au milieu des chevaux autour du dernier point d’eau...

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Les Tamaks vivent au fond des steppes et ils élèvent des chevaux alezans et des moutons noirs. Ils se déplacent sans cesse vers de pâturages plus verts. Douce fait partie de cette tribu, mais à treize ans, elle a des gestes lents et ne parle pas. Un poulain tacheté naît dans le troupeau, il est aussitôt rejeté de tous, car les chevaux pie portent malheur...
Dès ses premiers mots, Martine Bourre fait naître chez les lecteurs des émotions fortes avec cette enfant muette qui s’occupe des moutons et l’arrivée d’un poulain qui n’a pas la robe adéquate pour intégrer son clan. Les hommes essaient de le chasser, car il est synonyme de malheur. Mais Douce, attendrie par ce cheval affolé et seul, qui malgré tout, suit les nomades et leurs troupeaux, décide de s’enfuir avec lui pour qu’il échappe à la mort, offert en sacrifice pour la pluie. Elle lui donnera le nom de Wou, jolie modulation de sa voix pour l’apaiser.
Ensemble, ils bravent des climats arides et déchaînés pour trouver de l’eau. Après avoir goûté les joies aquatiques, ils rentrent au camp, Douce ramenant avec elle de la menthe odorante. Ce sont les femmes les premières qui acceptent Wou et finalement, toute la tribu partira vers la rivière pour célébrer la grande fête de l’Eau. Le poulain sera enfin accepté parmi les siens.
Martine Bourre et son écriture fluide et poétique fait le portrait de deux êtres différents et exclus de part leur handicap, l’une parce qu’elle est muette, l’autre parce qu’il n’a pas la bonne couleur de peau. Elle fait également découvrir la beauté sauvage et dure des steppes à perte de vue, qui rappellent vivement celles de Mongolie, et le mode de vie d’une tribu Mongol avec ses yourtes, ses chevaux et ses moutons. Un optimisme sous-jacent accompagne le lecteur tout au long du livre et triomphera puisqu’en trouvant de l’eau, Douce et Wou seront enfin acceptés.
Son histoire est renforcé par ses illustrations sublimes !
L’espace de ses planches est harmonieusement occupé, enveloppant avec grâce et légèreté le texte. Elle met l’accent sur certains éléments par touches vives et impétueuses, équilibrant ainsi les parties plus douces et sereines.
Il y a un réel sentiment de liberté et d’enivrement des paysages magistraux et à perte de vue que Martine Bourre accentue avec des personnages rendus minuscules qu’elle place dans ses décors somptueux. Ses couleurs sont flamboyantes et profondes, passant d’un ocre lumineux à un bleu limpide, toujours dans une cohérence précise. Ses personnages sont fascinants de beauté, avec des courbes altières et des postures gracieuses quel que soit leur attitude.
Il se dégage une force farouche mais néanmoins apprivoisée au fil des pages de cet ouvrage aux sensations enrichissantes et au courage inné.
Un témoignage magnifique sur la place que se créent deux êtres rejetés.
Un immense bravo !

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Douce de Martine Bourre (texte et illustrations).
Editions Didier Jeunesse, Hors Collection, 14€.

Le site de Martine Bourre



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