A partir de 7 ans
mercredi 23 novembre 2011, par Morgan
"Pressé de quitter la maison, le petit Mouck s’empara au hasard d’une paire de babouches, d’une si grande taille qu’elles auraient pu chausser quelque géant, puis d’une canne dont la poignée représentait la tête d’un lion sculpté."

Un enfant et ses camarades, qui aiment se moquer de tout et de rien, ont trouvé la personne idéale à maltraiter : le Petit Mouck. Bien que déjà âgé, il était tout petit avec une grosse tête et ne sortait de chez lui qu’une fois par mois, le midi, quand la chaleur était écrasante...
Wilhelm Hauff est un auteur allemand né en 1802 et décédé à l’âge de vingt-cinq ans. Après ses études, il devient le précepteur des enfants du ministre de la guerre de Wurtemberg et se met à écrire des contes pour eux, édités en 1826. En voici, celui de l’histoire du Petit Mouck.
Le conte se déroule à Nicée et le narrateur est un des enfants les plus méchants avec le Petit Mouck. Un jour, en marchant sur sa babouche, il fait tomber le petit homme qui se rend chez le père du chenapan. Le père est furieux et il décide de raconter l’histoire du Petit Mouck à son garçon...
Le père du Petit Mouck, était un grand savant quoique pauvre. Il détestait son fils, trop fluet. Mais bientôt il mourut et le jeune garçon décida de voir du pays. Dans son périple, il rencontre une vieille femme qui accepte de le nourrir avec ses chats si il s’occupe avec soin de quelques-uns. Il ne tarde pas à découvrir que c’est une sorcière et lui dérobe une paire de babouches trop grandes qui ont le pouvoir de l’emmener où il veut et une canne, capable de déceler des trésors.
Pourtant, avec ces nouveaux dons, Le Petit Mouck ne se fait pas d’amis, les gens le jalousent d’autant plus... Chassé d’un autre royaume après avoir été obligé de donner ses babouches et sa canne au roi, il se rend compte que son nez est devenu très long et ses oreilles immenses !
A travers les aventures mouvementées de son héros, Wilhelm Hauff met en évidence les actions intéressées et la convoitise qui ne mènent à rien, et déclenchent la suspicion et la rancoeur chez les autres. Il n’y a que le désintérêt et l’honnêteté qui gagnent à rendre les hommes bons et indulgents.
Le travail de Maddalena Gerli est absolument impressionnant !
C’est un univers aérien et magique qu’elle nous présente, avec des couleurs profondes qui ressortent admirablement grâce à des points lumineux astucieusement dispersés sur ses planches. Elle nous emmène réellement dans un monde fantastique où le rêve prend toute sa valeur.
Ses traits sont d’une grande délicatesse et équilibre avec élégance les dimensions disproportionnées du Petit Mouck, ce qui le rend terriblement attachant avec ses grands yeux lumineux, ses joues joliment rosies et ses expressions bien cernées.
Il y a beaucoup de dynamisme dans ses planches, enveloppées d’une grande douceur dans les teintes qui s’estompent subtilement. Elle travaille souvent avec des couleurs froides qui font souffler un vent de fraîcheur et de fantaisie tout au long de l’album.
Un très bel ouvrage, qui met en évidence la solitude d’un homme après connu des personnes méchantes à son égard, et une belle découverte d’un grand auteur mis à la portée des plus jeune.
Un immense bravo !


Le Petit Mouck de Wilhelm Hauff (texte) et Maddalena Gerli (illustrations).
Editions Mouck, collection Lectures neuves, 14€.