A partir de 8 ans
mercredi 31 août 2011, par Morgan
Tout commence lorsque deux enfants retrouvent un gant dans la cour de récréation.
Un gant rouge qui rappelle à Lola son amie Albane.
Albane est morte.
Morte d’avoir joué.
Morte d’avoir voulu toucher les étoiles.
Morte d’avoir laissé l’air s’échapper peu à peu de son corps.

Dans la cour de l’école, Arsène et Lola ont trouvé un gant en laine rouge. C’est celui d’Albane, l’amie de Lola, qui n’est plus de ce monde...
Anne-Zoé Vanneau aborde un sujet extrêmement délicat puisqu’il s’agit de la mort d’une petite fille et plus particulièrement d’un jeu très dangereux, répandu dans les cours de récréation depuis quelques années maintenant : le jeu du foulard ou le jeu de la tomate.
En voyant le gant de son amie, Lola se replonge dans ses souvenirs et raconte à Arsène ce qui s’est passé. Encouragée par des garçons du CM2, Albane a elle aussi voulu avoir des sensations fortes et a cédé au jeu du foulard. Mais en serrant trop fort le tissu sur son cou, elle a perdu connaissance et a arrêté de respirer. C’est la triste histoire d’une petite fille vive et heureuse qui s’est laissée entraîner dans un jeu dangereux, c’est la triste histoire de Lola qui a découverte son amie morte et qui devra vivre avec ce terrible évènement. Anne-Zoé Vanneau choisit des mots forts et sans détours mais pourtant elle réussit à faire un portrait tout en tendresse et en émotions de cette enfant au destin tragique. Elle a pris le parti d’en parler pour que ce jeu soit connu et ne se pratique plus.
Marianne Pasquet met beaucoup de sensibilité dans ses illustrations. Les jolis visages ronds avec de grands yeux vivants qui traduisent bien l’innocence qu’ont les enfants sur beaucoup de choses. Elle retranscrit bien les beaux souvenirs de Lola puis ceux du drame, impitoyable.
Il y a beaucoup de poésie dans ses dessins, une grande douceur dans ses traits délicats qui atténue la douleur et la cruauté de ce jeu absurde. Son univers rappelle un monde enfantin, idéal pour créer un lien fort avec les petits lecteurs. Ses couleurs sont subtiles sans être vives pour apporter la notion de respect qu’il se doit en ces circonstances dramatiques.
Il y a également une introduction écrite par Françoise Cochet, présidente de l’APEAS et qui s’adresse directement aux enfants sur les dangers du jeu du foulard.
Un album engagé, qui ose parler d’un sujet difficile mais malheureusement bien présent et qui a fait plus d’une victime. Un ouvrage qui explique et qui met en garde les enfants, car il vaut toujours mieux prévenir que... mourir.
Un immense bravo !

Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site de l’APEAS (Association de Parents d’Enfants Accidentés par Strangulation).
Un petit air et puis s’en va de Anne-Zoé Vanneau (texte) et Marianne Pasquet (illustrations).
Editions Pour penser à l’endroit, collection Contes pour penser à l’endroit,
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