Je suis enchantée de vous présenter un peu plus en détails Marie-Isabelle Callier, l’auteure de Bosses, Cabosse et Carabosse, parce que je la découvre moi-même et c’est un plaisir de faire sa connaissance !
Je vous souhaite autant de plaisir que moi à lire cette interview qu’elle m’a si gentillement accordée :)
Sur Bosses, Cabosse et Carabosse :
Morgan : Comment est née l’histoire de Bosses, Cabosse et Carabosse ?
Marie-Isabelle Callier : Il y a 2 ou 3 ans, je me rappelle voir été très étonnée de voir mon mari donner un bout de chocolat à notre petite fille qui avait une indigestion ( !), “pour changer le goût”. Le fait n’était pas nouveau mais pour une indigestion, quand même c’était surprenant. Après les petites mignonettes se sont succédées pour soigner les grosses bosses et l’effet placebo atteint, j’avoue que c’est plutôt devenu un des remèdes de la maison...(avec les câlins qui l’accompagnent évidemment !) Bien sûr le papa niera tout rapport à la réalité et parle d’une “histoire purement fictive d’un papa irresponsable qui consolerait ses enfants à coup de chocolat” mais les faits sont là ...
M : Combien de temps vous a pris l’élaboration de cet album ?
MIC : L’idée a donc fait son chemin, je préparais ce texte de ci de là et quand le titre m’est apparu, Bosses, Cabosse allaient de soi mais grâce à la rime de Carabosse, tout s’est enchaîné et le texte a été écrit en 2 semaines. Je l’ai soumis à Alice Editions avec un projet de couverture. Dès leur feu vert, les illustrations ont été réalisées en 5 mois. Comme 2 des personnages du livre (les jumeaux), n’allaient pas encore à l’école, c’était assez rodéo !
M : Sur les pages de garde, il y a une recette, "Le mi-cuit de papa" que les enfants peuvent réaliser en suivant les étapes dessinées. Quelle est l’origine de cette recette ?
MIC : Prenons le même coupable : le papa. Il avait goûté dans un restaurant bruxellois un “petit mi-cuit au chocolat” qui l’avait fait fondre complètement. Grâce à internet, j’en ai trouvé une recette. C’est devenu un classique de cette maison, même si pour les enfants je le laisse cuire un peu plus et surtout je le laisse refroidir.
M : Avez-vous des anecdotes à nous raconter à propos de cet album ?
MIC : Chaque fois que mes enfants se font un peu mal, ils demandent à présent “la Fée Cabosse”. J’ai quand même l’impression de m’être tirée dans le pied... Surtout quand un de mes garçons a foncé tête baissée dans le frigo (porte fermée). Etonnée, je lui demande “ Mais qu’est-ce que tu fais ? Ça va pas non ? “ et lui de me répondre : “Ze veux la Fée Cabosse” !!! Comme quoi, comme auteur, on a quand même quelques responsabilités.....
M : Quels sont les retours que vous avez eus sur Bosses, Cabosse et Carabosse ?
MIC : Comme je vis aux USA pour le moment, j’avoue ne pas être à la page mais par internet à nouveau, j’ai pu lire un article de la “Tribune de Bruxelles”, ou écouter une émission sur Radio-Canada où on parlait du livre dans le contexte d’Halloween. Cela fait tellement plaisir qu’un livre voyage et soit lu un petit peu plus loin.
Sur vous :
M : Comment êtes-vous devenue auteure ?
MIC : Pour faire court : mon premier neveu ne voulait jamais rien manger et donc j’ai voulu lui raconter cette histoire J’aime pas le poisson. Voilà pour le premier livre publié. Pour Sarah et le petit pois : ma fille avait des petits soucis d’endormissement TOUS les soirs, jusqu’à ses 14 mois...Il FALLAIT que j’écrive là -dessus. Sinon, il y a toujours eu un journal, des mots jetés sur le papier, un frère qui écrivait beaucoup, une mère dans un atelier d’écriture.... Mais moi, c’était plutôt le dessin, la peinture. Le processus s’est renversé à présent. Je pense souvent d’abord à une narration, un fil conducteur et ensuite à l’illustration. Quelquefois, l’illustration me fait modifier le texte par la suite aussi, cela dépend.
M : Vous associez le conte et le vécu dans vos albums. Comment avez-vous trouvé cette combinaison qui marche si bien ?
MIC : Merci du compliment ! J’avoue ne pas l’avoir fait exprès mais là vous me donnez une piste...Dans Sarah et le petit pois, le petit pois était un clin d’oeil. Plus pour la maman d’ailleurs, il permet un rêve, des questions. Il y a aussi ce plaisir enfantin de reconnaissance “tiens, c’est comme dans...”, d’ouvrir l’histoire sur une autre, de sortit du livre dans lequel on est plongé vers quelque chose de connu, comme un petit wagon attaché à un autre.
Dans Bosses, Cabosse et Carabosse, Carabosse s’est imposée toute seule et il me fallait ce détour par le conte pour faire accepter une morale sous-jacente (on peut manger du chocolat mais pas trop à la fois), sans devoir arriver avec de gros sabots. Je pouvais aussi jouer sur le personnage de Carabosse sans devoir être explicite. Les enfants savent bien ce que veut faire la sorcière dans Hansel et Gretel. Laisser un doute est peut-être encore pire.... Il me semble que combiner conte, rêve et vécu permet aux enfants de s’identifier encore plus aux personnages et se rapproche de leur quotidien affectif.
M : Où puisez-vous votre inspiration et quels sont les artistes qui vous inspirent ?
MIC : La liste est très longue, je suis un vrai rat de librairie ! Mais pour l’écriture, c’est vraiment la vie quotidienne avec ce qu’elle apporte d’émotions, de joies et de petits ou grands obstacles. J’essaye de prendre du recul et d’en faire une histoire, de la rattacher à un univers.
Quelques livres phares pour l’image ET le texte Cyrano (ill. R. Dautremer), Le petit Poucet (ill. Isabelle Châtelard), du côté anglo-saxon (que je dévore à pleine dents) : Olivier Jeffers (ill), la série Olivia pour son humour, Lauren Child, Le Magicien d’Oz ill. Lisbeth Zwerger, Little Nemo et tant d’autres encore....
M : Aimeriez-vous travailler sur un album avec un autre auteur, ou préférez-vous continuer à les élaborer seule ?
MIC : J’en rêve. Je vous l’ai dit : moi, c’était d’abord le dessin ! Je voudrais vraiment tenter l’expérience. Travailler avec un auteur me permettrait d’approcher er de mettre en images un univers autre que le mien. Cela ne peut être qu’enrichissant et créatif. Comme on dit, cela ouvrirait des horizons.
M : Quels sont vos projets et votre actualité ?
MIC : Depuis ma “liberté retrouvée” ou plutôt le calme de la maison retrouvé, mes 3 petits bouts sont tous à l’école, (désolée mais toute maman qui essaye de travailler à la maison comprendra), j’ai écrit et illustré un livre qui cherche actuellement éditeur. Deux autres projets sont en phase d’écriture et j’essaye de mettre un peu d’ordre dans tout cela. Un autre projet est une série petite enfance spéciale jumeaux (eh, oui) mais en anglais cette fois.
En espérant que tous ces projets voient le jour, je vous remercie pour cette interview et vous souhaite bon vent pour votre magnifique blog qui est une mine d’or !
Merci à Marie-Isabelle Callier de s’être prêter généreusement à cette petite interview trés enrichissante !
Je lui souhaite beaucoup de succés pour ses prochains albums :)
L’article sur Bosses, Cabosse et Carabosse

