dimanche 13 novembre 2011, par Morgan
« Sur le quai Wilson, Dubreuil observa les dockers qui manoeuvraient pour charger d’énormes sacs blancs. Les grues s’élevaient à la rencontre des nuages, majestueuses, verte, bleue ou grise. »
Avec pour décor la ville de Nantes, ce roman nous projette dans l’atmosphère trouble de l’enquête que mène le taciturne commissaire Dubreuil sur la mort suspecte de jeunes femmes. En tirant les fils, il remonte une filière qui le conduira dans le milieu fermé des gens dits « respectables ».
Pendant que les secrets trop bien gardés distillent leur poison, certains tentent néanmoins d’écrire leur histoire d’amour.

Très tôt un dimanche matin, le capitaine Dubreuil est appelé pour se rendre sur une scène de crime, une prostituée qui ressemble un peu à Marylin avec ses cheveux blonds et bouclés...
Pas de longues tergiversations pour Emmanuelle Petit qui plonge le lecteur directement au coeur du problème, et qui est de taille, puisqu’il s’agit d’un meurtre. Et pour parfaire l’ambiance, le capitaine Dubreuil est un homme taciturne, un vrai économe de la parole inutile.
Avec talent, elle fait ressortir deux histoires en parallèle qui vont bien sûr, se rejoindre pour la fin. Au fur et à mesure, elle fait tomber les masques, et elle met en évidence les façades respectables qui cachent des secrets honteux et inavouables. L’enquête avance, Dubreuil est tenace et rien ne pourra l’arrêter avant d’avoir résolu ces meurtres.
Quant à la fin, même si les lecteurs devinent certains aspects, le dénouement reste une surprise ! Un pari brillamment relevé, Emmanuelle Petit tire les ficelles avec justesse et intelligence. Sa lecture est fluide, rythmée et tient les lecteurs en haleine jusqu’au bout.
Il y a également un beau clin d’oeil pour l’album jeunesse de Barroux, Tuvalu, nom que porte aussi un bateau dans le roman.

Quant au livre en lui-même, il est d’une très bonne qualité, avec une couverture et des pages en papier glacé, des chapitres sobres et aérés, vraiment agréables à lire.
Un excellent roman, mené avec talent par Emmanuelle Petit, qui loin de prendre les jeunes lecteurs pour des imbéciles, leur apporte une histoire riche et mûre. D’ailleurs, les adultes peuvent lire ce policier sans jamais se rendre compte qu’il fait partie d’une collection pour les adolescents !
Un très bon moment à passer pour tous les amateurs d’enquête criminelle, vraiment réussi.
Elle n’était pas Marylin d’Emmanuelle Petit, couverture de Barroux.
Editions Belin, collection Charivari, à partir de 11 ans, 6€50.
